19
Août

Martha Melikian & Laurent Dufour : contrastes

Pour notre exposition de la rentrée, nous avons choisi deux univers artistiques très différents : les courbes colorées et désordonnées de Martha Melikian et les lignes droites épurées et structurées de Laurent Dufour.
A travers leurs oeuvres, nos deux artistes vous laissent découvrir leurs visions, contrastées mais pas opposées, de la perception du monde.

Martha Melikian.

Après des études dans le stylisme-modélisme-couture, et suite à une rencontre avec un artiste peintre arménien en 1996, Martha découvre le monde et les bases de la peinture au couteau, et ce jour, un déclic se produit ; la peinture deviendra sa mission, passion et vocation.

Par le même temps, se révèle à elle les infinies possibilités de l’outil de travail qu’est la spatule ou la couleur. Chez Martha Melikian la force du geste et la couleur brute forment des taches puissamment étirées sur les toiles. Tout en courbe, l’univers de l’artiste est en perpétuel mouvement et se construit par les jeux de couleurs.

Devenue artiste professionnelle par le biais du «Tremplin pour l’insertion des artistes», et après plusieurs années d’exposition sur le Marché de la Création à Lyon, des galeries Lyonnaises (dont «La Nouvelle Echelle D’Or », galerie du critique d’Art Lyonnais Alain Vollerin ) elle expose également en Italie à Florence et divers lieux d’expo, et un jour, sur une invitation par le biais d’un réseau social, elle finit par exposer en Arménie, pays de ses origines.

Laurent Dufour (Elduf).

Il est né en 1964 à Lyon et il a attendu le début de l’année 2019 pour donner une chance à sa vocation artistique.

Auparavant, il a travaillé plus de trente ans dans différents services Recherche & Développement et Avance de Phase d’une entreprise industrielle. Autodidacte, il a appris en faisant, à la manière des apprentis. Passionné par les sciences, il a trouvé dans les structures de tenségrités un terrain d’expression qui lui permet de mettre à profit son goût resté intact pour l’inconnu, la technique, le calcul et l’innovation, mais aussi de satisfaire son besoin de créer et de proposer,
d’illustrer sa conception du système optimal ou de l’organisation optimale.

Les structures de tenségrité sont ainsi un héritage de son passé technique qui lui a permis de développer sa démarche de recherche, un ancrage profond dans le présent qui porte l’énergie créative et une projection vers un avenir idéal dans lequel l’optimum global, l’intérêt commun, le groupe et la coopération seraient plus importants que la performance individuelle. En effet ces structures sont constituées d’éléments comprimés ou fléchis, enfermés dans une enveloppe de câbles tendus : leur forme stable et durable n’existe que grâce à l’équilibre atteint entre les contraintes, les interactions, les coopérations, les caractéristiques intrinsèques de chaque élément et les liens qui les unissent. C’est aussi parce que notre monde consomme beaucoup et jette trop que, sur un terrain plus artisanal, il détourne de vieux livres et objets de la vie courante afin de les réintégrer dans notre quotidien. Il exprime ainsi sa gêne et son embarras de voir le jetable envahir nos achats, se destinant à polluer nos mers et nos campagnes, et il offre un sursis à des objets qui n’avaient plus d’avenir, leur donnant une deuxième vie et une fonctionnalité nouvelle, sans pour autant laisser leur histoire s’effacer.

Les relations qu’il construit entre la technique, l’art, l’artisanat ainsi que la recherche d’un équilibre collaboratif, dépouillé et durable, le font se sentir proche du Bauhaus. Toutefois, il pense ne pas avoir le niveau ni la culture artistique, pour se revendiquer d’un héritage ou d’une inspiration qui proviendrait de ce mouvement créatif. Partant de la technique et de la physique, Laurent Dufour, souhaite nous conduire vers l’esthétique, puis vers une réflexion plus profonde au sujet de notre monde.